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(xxx)
il est plus de minuit ; depuis 2 heures du soir je trotte sur les
routes ; il fait un froid de loup ; la neige continue à
tomber, pour égayer le tableau quelques obus viennent tomber
non loin de nous ; nous savons que pendant ce temps les Boches
préparent une nouvelle attaque pour le lendemain ; quels
résultats donnera-t-elle ? Il est permis de la redouter
après ce que j’ai vu dans la soirée.
Pendant qu’on va reconnaitre une ferme située
près de la route nous nous couchons sur la terre couverte de
neige ; le froid particulièrement vif nous
pénètre et nous fait frissonner. Enfin un pxxx?
nous a trouvé un cantonnement ; c’est un vaste
hangar où nous trouvons pas mal de paille. Buy me dit de
retenir un coin pour les officiers et les médaux, car depuis
que ça tape, l’abîme qui a toujours
séparé les off. des sous-off. est
supprimé ! ! ! (tout à l’heure Sigaud
voulait que nous trouvions une cave pour les off. et ... pour les
médaux !). Pendant ce temps ces cochons là
trouvent (sans nous prévenir) une maison
abandonnée avec des lits, des matelas, et s’y
installent sans nous prévenir pendant que je leur
réserve le meilleur coin du grenier. Je m’endors
comme une masse
malgr
é
le tir de la grosse nous
avons entendu tout à l’heure. A 5 h.1/2
branle-bas, il faut Belleville ; nous nous
installons
dans un entrepôt de bois et charbon. On envoie un agent de
liaison chercher les ordres du divisionnaire. Je vais avec Perret et
Liber chercher une installation pour poste de secours, on arrive
à trouver quelques caves pour abriter les
blessés ; en attendant on évacue tous
ceux qui arrivent par la route. Il fait un temps superbe ; le
soleil dore de ses rayons les crêtes encore couvertes de
neige ; la canonnade n’a pas repris ;
cependant les renforts arrivent de tous les côtés,
en progressant par bonds L’e.m. du gbd n’en
mêne pas large ; aujourd’hui les
médaux peuvent être tranquilles ;
personne ne les embêtera ! Vers midi on
reçoit l’ordre d’envoyer une section au 2è zouave ; Raynal est
désigné ; il se prépare
à partir lorsqu’arrive l’ordre
d’aller au grand complet au fort de Belleville. Nous grimpons
péniblement la côte, (arrivés au fort
C. nous dit de redescendre). Arrivés au sommet nous avons une
vue splendide sur Verdun et sur la vallée de la
Meuse ; au nord nous voyons Bras, Charny, Vacherau-Ville au
milieu desquelles serpente la Meuse. A droite la Côte du
Poivre ferme
l’horizon ; vers la gauche la vue se prolonge au
loin sur les Hauts de Meuse. A l’ouest ... Thierville. Au sud
Verdun et ses faubourgs, dominé par la masse imposante de sa
cathédrale qu’encadrent parfois les obus. Une
grosse pièce boche (380, 305 ou peut-être 490).
Celle que nous prenions hier pour une pièce
française, tellement le coup de départ paraissait
proche, tire sur
Verdun. Nous entendons un coup très violent, puis un
roulement ou plutôt un grondement formidable au-dessus de nos
têtes et enfin une explosion effroyable annoncée
par la gigantesque colonne de fumée qui se
soulève de l’endroit atteint par le projectile.
Les gros obus se succèdent à peu près
toutes les 3 ou 4 minutes ; c’est vraiment imposant
et grandiose rarement j’ai vu un spectacle de guerre
d’une pareille majesté. Pendant ce temps les
Boches arrosent le hangar à dirigeables ; les 130
pénètrent dans l’édifice en
perforant la cloison d’un trou que nous voyons se former sous
nos yeux et par où sort la fumée de
l’obus. Bien entendu à peine sommes nous
arrivés au fort qu’on nous donne l’ordre
d’en partir pour aller cantonner dans un hangar où
nous avons vu dégringoler les obus ;
c’est très amusant ; la France a trop
d’hommes il faut absolument en faire démolir
même inutilement. Nous descendons la
côte, furieux.
Quelques obus éclatent sur la route derrière
nous. Nous arrêtons dans une carrière aux bords
escarpés. Perret et (xxx) partent reconnaître le
fameux cantonnement ; pendant ce temps de nombreux
aéros boches survolent Verdun dans tous les sens , les uns
réglant le tir des batteries jettent des fusées,
d’autres observent les mouvements de troupe,
d’autres lancent des bombes ; une escadrille de 5
Aviatiks en envoie une dégelée sur le pont - sans
doute - qu’elle manque de loin ; on entend les gros
projectiles déchirer l’air puis éclater
en un fracas terrible. Tous ces aéros sillonnent le ciel
dans tous les sens. (xxx) on ne voit pas un seul avion
français ; c’est tout à fait
encourageant. Heureusement nous avons la maîtrise des airs,
affirment les journaux. Que serait-ce s’il en
était autrement. Le matin déjà nous
avons été survolés par des
aéros boches arrivant par groupes sans être
inquiétés ; l’un
d’eux a lancé des fusées au moment
où il passait sur notre cantonnement. Que va-t-il nous
arriver sur la figure. Perret revient peu enthousiaste. Buy et moi nous
poussons une reconnaissance dans un autre cantonnement. A Belleville
nous trouvons M. Mathieu qui nous apprend qu’il faut envoyer
une section du groupe avec la 74è brigade ;
c’est à Buy à marcher mais bien entendu
c’est moi qui m’appuie la
corvée ; pour l’occasion on me fait
changer de section ! La section désignée
doit stationner près du pont de chemin de fer,
c’est à l’endroit où tombent
les obus ; toujours même tactique : la
France a
trop de défenseurs ; les Boches n’en
tuent
pas assez, donnons leur un coup de main. J’obtiens cependant
que nous allions au cantonnement en attendant que la brigade monte
à l’attaque. Nous arrivons au cantonnement. Sur la
route, je me fais saluer d’importance. Nous nous mettons en
devoir de dîner et de faire les
derniers préparatifs ;
Voisin va de l’un à l’autre pour
demander un ordre écrit, tellement il tremble pour ses
voitures. Pendant ce temps les obus rappliquent autour du cantonnement,
se rapprochant de plus en plus. L’un d’eux tombe
sur la maison voisine du poste e ...
fin du 3ème carnet.
C.
Cambournac
médecin
auxiliaire
Groupe
de brancardiers
37è
division
sect.
post. 132